Le château de La Bocca
Construit juste après la Villa Éléonore-Louise de Lord Brougham et le Château Saint-Georges du général Taylor, le Château de La Bocca était l’une des toutes premières résidences du quartier anglais.
Le 27 novembre 1847 le révérend Henry Belmont-Sims ami de Lord Brougham et alors propriétaire de l’île Saint-Honorat achète aux sœurs Marie et Françoise Chaudon des terrains plantés de vignes, de figuiers et d’arbres fruitiers situés à l’ouest de Cannes sur les pentes de la colline de la Croix des Gardes, bordés au sud par la mer, à l’ouest par les plaines marécageuses de la Roubine et à l’est par une batterie de défense.
Sur ces terrains il va construire en 1854 un pavillon en porphyre rose de l’Estérel appelé le Château de La Bocca dont l’architecte Smith a conçu les plans et qu’il vendra le 16 septembre 1857 au baron Georges-Nicolas d’Adelsward, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du roi de Suède et de Norvège auprès de l’empereur de toutes les Russies.
Fréquemment loué pendant la saison hivernale, le comte russe Tolstoï y passera l’hiver 1867-1868. Le château sera ensuite revendu au baron Georges Tollemach-Sinclair, membre du parlement anglais, qui l’agrémente de créneaux et de mâchicoulis lui donnant ce style gothique anglais si recherché par les sujets britanniques, mais que Prosper Mérimée détestait profondément.
Son parc était si renommé que le 21 octobre 1879 Maria-Alexandrovna impératrice de Russie demanda à venir le visiter. La propriété appartiendra ensuite à la baronne Athénaïs Gryme épouse du baron Von Haufmann, qui y organisait de somptueuses réceptions et de célèbres soirées musicales fréquentées par le prince de Galles.
Après de nombreux épisodes familiaux et mondains, la propriété fut mise en vente en 1928. Faute d’acquéreur et malgré les tentatives de la ville de Cannes, le château fut démoli en 1937.
À son emplacement se dresse aujourd’hui l’immeuble « Château de la Mer ». Une partie du parc fut conservée et transformée en square, devenu le parc Marthe Villalonga en hommage à la comédienne qui résidait à La Bocca.
— Christian RIZZO