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Collection Christian RIZZO

Le château de La Bocca

Le château de La Bocca

par Christian RIZZO

E n 1850, à l’époque du révérend Henri Belmont Syms qui occupe le château de La Bocca, le quartier ne compte qu’une soixantaine d’habitants, résidant au cœur d’un territoire agricole où se mêlent fermes, mas, cabanons et bastides isolées comme la Laiterie Vieille au Devens ou la Bastide Rouge près de la butte de Saint-Cassien, au pied de laquelle s’étendaient des marécages.

Les seuls bâtiments construits étaient une bastide, la Villa Farigoulette, édifiée près du pont Sainte-Marguerite, un bastion propriété Varaldi, une poudrière et un corps de garde situé au-dessus des rochers.

Tout le quartier n’était alors qu’une simple ligne de dunes, coupée en 1907 pour permettre le passage de la rue Joseph Barthélémy.

Les pins de la Croix-des-Gardes descendaient jusqu’à la mer, et toute la plaine au pied de la colline n’était qu’un vaste marécage très fréquenté par les oiseaux. On venait y chasser de fort loin : les chasseurs arrivaient en charrette à la nuit tombée, se faufilaient au milieu des roseaux et des herbes aquatiques pour installer leurs affûts en canisses et tirer canards, sarcelles et poules d’eau.

Ils étaient armés de vieux fusils appelés canardières. Ce sont elles qui ont donné leur nom à la zone industrielle située entre le Béal et la Siagne : La Canardière.

— Christian RIZZO

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Collection Christian RIZZO

Le château de La Bocca à Cannes – vue générale colorisée
Le château de La Bocca – Cannes

Le château de La Bocca

par Christian RIZZO

Construit juste après la Villa Éléonore-Louise de Lord Brougham et le Château Saint-Georges du général Taylor, le Château de La Bocca était l’une des toutes premières résidences du quartier anglais.

Le 27 novembre 1847 le révérend Henry Belmont-Sims ami de Lord Brougham et alors propriétaire de l’île Saint-Honorat achète aux sœurs Marie et Françoise Chaudon des terrains plantés de vignes, de figuiers et d’arbres fruitiers situés à l’ouest de Cannes sur les pentes de la colline de la Croix des Gardes, bordés au sud par la mer, à l’ouest par les plaines marécageuses de la Roubine et à l’est par une batterie de défense.

Le château de La Bocca vu depuis son parc
Le château de La Bocca, dominant son parc

Sur ces terrains il va construire en 1854 un pavillon en porphyre rose de l’Estérel appelé le Château de La Bocca dont l’architecte Smith a conçu les plans et qu’il vendra le 16 septembre 1857 au baron Georges-Nicolas d’Adelsward, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du roi de Suède et de Norvège auprès de l’empereur de toutes les Russies.

Fréquemment loué pendant la saison hivernale, le comte russe Tolstoï y passera l’hiver 1867-1868. Le château sera ensuite revendu au baron Georges Tollemach-Sinclair, membre du parlement anglais, qui l’agrémente de créneaux et de mâchicoulis lui donnant ce style gothique anglais si recherché par les sujets britanniques, mais que Prosper Mérimée détestait profondément.

Le château de La Bocca côté plage
Vue du château de La Bocca depuis le littoral

Son parc était si renommé que le 21 octobre 1879 Maria-Alexandrovna impératrice de Russie demanda à venir le visiter. La propriété appartiendra ensuite à la baronne Athénaïs Gryme épouse du baron Von Haufmann, qui y organisait de somptueuses réceptions et de célèbres soirées musicales fréquentées par le prince de Galles.

Après de nombreux épisodes familiaux et mondains, la propriété fut mise en vente en 1928. Faute d’acquéreur et malgré les tentatives de la ville de Cannes, le château fut démoli en 1937.

Le château de La Bocca avant sa démolition
Le château de La Bocca, peu avant sa disparition

À son emplacement se dresse aujourd’hui l’immeuble « Château de la Mer ». Une partie du parc fut conservée et transformée en square, devenu le parc Marthe Villalonga en hommage à la comédienne qui résidait à La Bocca.

— Christian RIZZO