L’allumage des premiers fours de la verrerie marque le début d’une nouvelle époque industrielle pour le quartier de La Bocca.
En 1857, le quartier de La Bocca était encore très peu construit. Il ne comptait que quelques maisons, une poudrière et de rares bâtiments isolés.
Joseph Barthélémy et la naissance de la verrerie
Né en 1804 à Saint-Zacharie, dans le Var, Joseph Barthélémy était issu d’une famille de verriers.
Il acheta, pour la somme de 3 600 francs, un terrain situé dans le quartier de la Roubine.
Sur ce terrain, il fit construire trois bâtiments ainsi qu’une maison d’habitation.
L’ouverture de l’usine en 1858
En 1858, la Verrerie de La Bocca alluma ses premiers fours.
L’usine employait alors une cinquantaine d’ouvriers et fabriquait des bonbonnes, des flacons pour les parfumeries de Grasse, ainsi que différents types de bouteilles.
Une cinquantaine d’ouvriers
Dès son ouverture, la verrerie devint l’un des principaux employeurs du quartier de La Bocca.
La vannerie et les activités associées
Joseph Barthélémy créa également une activité de vannerie afin d’habiller certains modèles de production en verre.
Plusieurs artisans vanniers s’installèrent ensuite dans le quartier.
Parmi les plus importants figuraient Louis Depétris, Jean Grosso et Anna Cauvin.
Leur production était principalement destinée aux mimosistes et aux fleuristes de la région.
Une fabrique de bouchons vit également le jour à Mandelieu : la maison Nicolas.
Les parfumeries de La Bocca
Joseph Barthélémy participa également à l’installation de trois parfumeries sur le site de La Bocca : Jeancard, puis Rallet et Lubin Varaldi.
La maison Varaldi développa également une chaîne de salaisons.
Un lien étroit avec Grasse
Une part importante de la production de la verrerie était destinée aux parfumeries grassoises, qui utilisaient ses flacons pour conditionner leurs créations.
L’agrandissement de l’entreprise
En 1864, Joseph Barthélémy acheta de nouveaux terrains à Jean Honoré Bertrand de Pégomas pour la somme de 1 400 francs.
La période comprise entre 1865 et 1875 fut particulièrement prospère pour la production.
Joseph Barthélémy mourut le 25 mars 1867, à l’âge de 63 ans.
N’ayant pas eu de fils, ses petits-fils, Paul et Louis Négrin, reprirent l’activité en 1869.
Modernisation et chemin de fer
En 1873, les anciens fours à bois furent remplacés par des modèles fonctionnant au gaz.
En 1875, Paul Négrin fut nommé directeur de la verrerie.
L’année suivante, un embranchement particulier de la voie ferrée, située à proximité de l’usine, facilita l’expédition et l’exportation de la production.
La concurrence des grandes verreries industrielles fragilisa toutefois progressivement cette entreprise familiale.
Le déclin de la verrerie
En 1891, la verrerie fonctionnait déjà au ralenti.
En 1896, le chômage s’installa et la situation devint critique.
De nombreux problèmes techniques obligèrent finalement la direction à arrêter la production.
En 1898, une grève éclata dans l’atelier de vannerie, bientôt suivie par celle des ouvriers verriers.
Cette même année, les fours furent éteints et les bâtiments furent progressivement laissés à l’abandon.
La production commence à fortement ralentir.
Le chômage s’installe et la situation devient critique.
Les grèves se succèdent et les fours sont définitivement éteints.
La réutilisation des anciens bâtiments
De 1909 à 1960, de nombreuses entreprises louèrent les anciens locaux à Louis Jourdan, administrateur du domaine.
En 1921, la cheminée de l’usine fut abattue.
La disparition définitive du site
En 1985, le site de l’ancienne Verrerie de La Bocca fut entièrement rasé.
Il laissa place à un important ensemble immobilier comprenant des logements sociaux, des locaux sociaux, une maison de retraite et une résidence de vacances.
Le secteur accueillit notamment Pierre & Vacances et Cannes Beach .
Un lieu profondément transformé
Les bâtiments industriels ont aujourd’hui disparu, mais la Verrerie reste étroitement liée à l’histoire du développement économique et urbain de La Bocca.
La Verrerie et les activités du quartier